ISLAM POUR TOUS

# Posté le samedi 06 octobre 2007 13:05

abdaallah ibn omar (rra)

A l'âge de 13 ans, il rejoignit le Prophète (saw). Il était vif, ingénieux, méticuleux de sorte qu'il faisait à la lettre tout ce qu'il voyait du Prophète (saw) ; où le Prophète (saw) s'asseyait, priait, montait à cheval, faisait ses besoins, il faisait exactement comme lui. Si méticuleux qu'il était, que s'il doutait sur une parole du Messager (saw) fut ce même d'un mot, il ne le rapportait pas. Il était très prudent dans ses jurisprudences et cela lui arrivait à ne pas répondre à des questions posées de crainte de se tromper et cela malgré ses connaissances accrues et le pardon que Dieu accorde aux Savants en cas d'erreur.

Ohman Ben Affane (raa) lui proposa le poste de Juge qu'il refusa car selon lui il disait "Il existe trois sortes de juge : le premier est un ignare qui ira en enfer, le deuxième prononce des sentences à son gré et ira en enfer et le troisième est celui qui prononce les jugements justes". Ce refus était motivé par le fait qu'il estimait que ce poste devait revenir à des hauts compagnons pieux malgré qu'il s'en sentait capable.

L'Islam était devenu puissant et les richesses affluaient et Abdallah ben Omar s'écartait des richesses et par son comportement, il tentait de faire comprendre aux hauts fonctionnaires son mépris pour les richesses. Il était comme le frère de la nuit, il s'y levait pour prier et l'ami de l'aurore où il passait son temps en pleurant et implorant le pardon de Dieu. A la récitation du Coran, il s'effondrait en larmes si bien qu'un jour alors qu'il récitait "Waîlon lil mouttafifina (n°83)", il pleura à tel point qu'il en perdit connaissance et tomba à terre.

Sa générosité, son ascétisme, sa piété faisaient de cet homme un vertueux, il donnait en abondance, il ne se souciait pas de savoir si ces dons le rendraient pauvre tellement qu'il était ascète et bon..

Il était un commerçant intègre et ses revenus abondants, son bénéfice, il ne l'économisait pas pour lui-même, il le donnait aux pauvres et aux nécessiteux. On raconte qu'un jour, il toucha 4000 dirhams et un tissu en velours. Le lendemain, on le voyait au marché acheter de la nourriture pour sa monture à crédit, intrigué, Ibnou Waêl (celui qui l'avait vu au marché) questionna sa famille :"N'a t-il pas reçu un tissu et 4000 dirhams ? Si, mais ne pouvant dormir, il sortit distribuer cet argent aux pauvres en portant le tissu sur son dos et à son retour n'ayant plus le tissu, il me dit "Je l'ai donné à un pauvre !". Ibnou Waël sortit et se plaça sur un promontoir et cria "Oh Commerçants ! que faites vous de ce bas monde alors qu'Ibn Omar recevant de l'argent les distribue puis s'endette !".

Lorsqu'Ibn Omar se mettait à table, rare lorsqu'il était seul, il était souvent accompagné d'orphelins, de pauvres nécessiteux. Il disait souvent à ses enfants "Vous conviez les rassasiés et vous laissez les affamés".

Il n'était pas le serviteur de son argent car lorsqu'il en avait, celui ci s'écoulait comme l'eau s'écoule de l'outre. Un de ces amis lui apporta même un vêtement de coton de haute qualité, il le refusa en disant :"Non ! j'ai peur sur ma propre personne, j'ai peur qu'il me fasse orgueilleux et Dieu n'aime pas l'insolent plein de gloriole". En fait, il ne gardait que ce qui lui suffisait pour sa subsistance et cacher sa nudité. Un jour, un autre homme lui apporta un médicament, il dit "Qu'est ce que cela ?, C'est pour faciliter la digestion reprit l'homme ! Ibn Omar sourit "La digestion ! je n'ai jamais mangé à satiété depuis 40 ans ans !". Un autre homme s'était rendu chez lui et évalua à 100 dirhams les biens qu'ils possédaient alors qu'Ibn Omar était un commerçant. Il n'agissait pas par avarice mais par ascétisme, car il rejettait le monde matériel. Ibn Omar vécut longuement dans l'ère amaouite où les richesses affluaient de toutes les provinces. Il refusa le poste de Calife à plusieurs reprises lors de la mort d'Othmane Ben Affane si bien que les gens le forçait et était prêts à le tuer pour ses réponses négatives. "Je ne veux être responsable qu'une goutte de sang soit versé disait-il". Il resta neutre dans le conflit qui opposa Ali (raa) à Mouâwiya. Il disait :"Si on me dit d'accourir à la prière, j'accourerais ! Si on me dit "Accourez au succès, j'accourerais ! mais si on me dit :" tuez un tel et prenez sa richesse, je dis : Non !".

A la fin de sa vie, il déclara "Je regrette seulement de ne pas avoir combattu le parti tyrannique au côté de Ali (raa), ce qui m'a empêché est que Dieu a dit :"Le sang du Musulman est sacré...". Combattre les idôlatres, Oui ! mais combattre ceux qui disent l'Unicité, Non ! Telle était sa conviction et son excuse.

Abdallah Ibn Omar (raa) mourut à 85 ans sous l'ère Amaouite à la 73ème année de l'hégire. Que la paix soit sur toi o Abou Abderrahmane, toi qui a vécu dans ce monde comme un passant."

# Posté le samedi 03 mars 2007 07:40

abou abdoullah khabbah ibn al-aratt

Abou Abdoullah Khabbab ibn al-Aratt appartenait à la grande tribu arabe des Banou Tamim. Il faisait partie de ces compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) qui avaient abandonné tout ce qu'ils avaient de plus cher pour la cause de l'islam et qui avaient le plus souffert aux mains des ennemis d'Allah.

L'histoire ne nous fournit aucune information sur la façon dont il fut réduit à l'esclavage et vendu à la Mecque, avant l'islam. C'est Oumm al-Anmar, la fille de Sabaa, qui l'avait acheté. Mais selon d'autres historiens, il avait plutôt été acheté par Outba bin Hadhwan, information qui semble cependant inexacte parce qu'il s'agissait d'un autre Khabbab qui avait été acheté par Outba, et non Khabbab ibn al-Aratt ; certains historiens auraient donc confondu les deux.


À la Mecque, Khabbab ibn al-Aratt travaillait comme forgeron. Il fabriquait des épées et s'assurait de bons revenus en les vendant. Il menait donc une vie paisible avant d'embrasser l'islam. Un jour, il entendit parler du message prêché par le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ; il alla le voir et après avoir discuté avec lui, embrassa l'islam sans hésitation. Seules cinq personnes avaient déjà accepté l'islam avant lui: Khadija, Abou Bakr Siddiq, Ali, Zaid bin Haritha et Abou Dharr al-Ghifari. C'est ainsi que Khabbab reçu le surnom de « Sadisoul-islam », i.e. le Sixième de l'Islam. Il compte également parmi ceux qu'on avait appelés « as-Sabeqoun al-Awwaloun », i.e. les Premiers Musulmans.


Mais, dû aux conséquences qui en découlaient inévitablement, accepter l'islam, à cette époque, n'était guère facile ; celui ou celle qui devenait musulman(e) s'exposait à des souffrances et à des tourments indescriptibles. Même pour ceux qui pouvaient compter sur l'appui de leur famille et de leurs amis, la situation restait tendue et dangereuse. Khabbab, cependant, ne craignit jamais de souffrir dans le sentier d'Allah, en dépit du fait qu'il était un étranger et un esclave à la Mecque et qu'il ne pouvait donc compter sur l'appui de personne aux heures difficiles. Bien qu'il fût seul au monde et délaissé de tous, il sentit qu'il ne pouvait dissimuler sa nouvelle foi. Et dès qu'il eût déclaré publiquement qu'il était devenu musulman, les infidèles l'attaquèrent de tous côtés.

Ils l'attaquèrent avec une cruauté dont on ne retrouve guère d'équivalent dans toute l'histoire de l'humanité. Les gens de Qouraish le déshabillaient, plaçaient son corps directement sur le feu et le surmontaient d'une énorme pierre ou alors parfois, un homme de forte corpulence s'assoyait sur sa poitrine de façon à ce qu'il ne puisse pas se tourner pour sauver son dos du feu. Khabbab (radhia Allahou anhou), étendu sur le feu, impuissant, demeurait patient et ne prononçait d'autre parole que le nom d'Allah.


Cette torture inhumaine continua pendant longtemps. Un jour, il vint voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) qui, à cette époque, demeurait à l'intérieur de la Kaaba et lui dit : « Ô Messager d'Allah, pourquoi ne pries-tu pas Allah pour moi ? »


À ces paroles, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) se redressa et lui dit : « Avant toi, dans le passé, il y a eu des gens à qui on a arraché la peau du corps au point où l'on ne voyait plus que leurs os, leurs muscles et leurs veines et malgré cela, leur foi n'en a pas été ébranlée. Ils ont été torturés sans pitié, on leur a coupé des membres à la scie, mais jamais ils n'ont renié la religion d'Allah. La religion d'Allah subsistera et tu verras, un jour, les gens voyageront de Sanaa à Hadhramaut sans rien craindre à part Allah. » Ces paroles du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) remontèrent le moral de Khabbab et il retourna chez lui entièrement satisfait et plus confiant que jamais.


La maîtresse de Khabbab, Oumm al-Anmar, était une femme particulièrement cruelle. Comme les autres, elle le martyrisait à cause de sa nouvelle religion. Elle le forçait à porter des armures et parfois, elle l'enchaînait, l'obligeait à s'étendre sur le sable brûlant du midi et le marquait au fer rouge sur la tête. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), qui était au courant des tourments infligés à Khabbab par Oumm al-Anmar, était profondément attristé de sa situation et tentait de le consoler du mieux qu'il pouvait. Et lorsque cette femme sans c½ur apprenait que le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avait consolé Khabbab, elle le torturait encore plus cruellement. Ses tortures en vinrent à dépasser toutes limites ; alors un jour, Khabbab vint voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et lui demanda de prier pour lui. Alors le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) dit : « Ô Allah, aide Khabbab. »


Les historiens rapportent qu'après cette invocation du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), Oumm al-Anmar éprouva un terrible mal de tête qui devint si aigu qu'elle se mit à aboyer comme une chienne. Les médecins consultés suggérèrent comme seul traitement possible qu'elle soit marquée au fer rouge sur la tête. Réduite à l'impuissance totale, elle demanda à Khabbab de le faire. Mais ce traitement ne lui fit aucun bien et elle finit par mourir dans un état de grande agitation.


Les infidèles, non satisfaits de le torturer physiquement, se liguèrent pour lui causer des pertes financières. Un idolâtre du nom de Aas bin Waïle devait rembourser un prêt à Khabbab. Lorsque ce dernier lui demandait le remboursement, il lui répondait : « Tant que tu n'abandonneras pas la religion de Mohammed, je ne te ferai aucun paiement. » Alors Khabbab répondait : « Je ne renierai pas la religion de Mohammed (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) à moins que tu ne meures et que tu ressuscites en ce monde, parmi nous. » Ce à quoi Aas répondait : « Alors attends que je meure et que je revienne en ce monde pour pouvoir profiter de mon bien. »


Cette déclaration de Aas était en fait une remarque sarcastique contre la croyance des musulmans dans l'au-delà. Dans Sahih Boukhari, on rapporte que les versets coraniques suivants furent révélés en réplique à cette remarque de Aas :
« As-tu vu celui qui ne croit pas à Nos versets et dit : « On me donnera certes des biens et des enfants » ? Est-il au courant de l'Inconnaissable ou a-t-il pris un engagement avec le Tout Miséricordieux ? Bien au contraire ! Nous enregistrerons ce qu'il dit et accroîtrons son châtiment. C'est Nous qui hériterons ce dont il parle, tandis qu'il viendra à Nous tout seul (sans ses biens ni ses enfants). » (19 :77-80)


Khabbab (radhia Allahou anhou) avait appris le Coran dès le tout début de la révélation. Certains historiens le relient aux circonstances entourant la conversion à l'islam de Omar (radhia Allahou anhou).


En effet, à l'époque où le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avait trouvé refuge, en compagnie de trente-neuf compagnons, chez al-Arqam (radhia Allahou anhou), Khabbab enseignait le Coran à Saïd bin Zaid (radhia Allahou anhou) et à sa femme, Fatimah bint Khattab (radhia Allahou anha), la s½ur de Omar. Le jour où Omar, ayant appris que sa s½ur et son beau-frère avaient embrassé l'islam, se rendit chez eux pour les fustiger, Khabbab s'y trouvait. Lorsqu'il entendit Omar arriver, il se cacha dans une chambre. Omar, après avoir insulté et frappé sa s½ur et son beau-frère, se calma et leur demanda de lui réciter quelques versets du Coran. Ils lui récitèrent quelques versets de la sourah Ta-Ha. Ces versets troublèrent le c½ur d'Omar et il s'écria : « Sans aucun doute, ces paroles ne peuvent être que celles du Créateur. Laissez-moi aller chez Mohammed ; je veux embrasser l'islam. » Sa s½ur lui dit : « Omar, hier soir (c'est-à-dire au cours de la nuit de jeudi à vendredi), le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) a prié Allah, disant : « Ô Allah, renforce l'islam par l'un des deux Omar. », et je crois bien qu'Allah t'a choisi pour cette tâche. »


Après cela, Omar se rendit chez al-Arqam, où se trouvait le Prophète, et il embrassa l'islam.
Pendant des années, à la Mecque, Khabbab (radhia Allahou anhou) eut à endurer beaucoup de tourments et d'affliction, jusqu'à ce que l'ordre d'émigrer soit donné. Lorsque cet ordre fut révélé par Allah, il émigra à Médine. Mais, ainsi qu'il l'a lui-même déclaré, ce n'est pas par peur des tortures et des persécutions des infidèles qu'il émigra, mais uniquement pour la satisfaction d'Allah. À Médine, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) en fit le frère musulman de Tamim, mais selon d'autres historiens, il devint plutôt le frère musulman de Joubair bin Atik.


Lorsque les guerres saintes commencèrent, Khabbab prit part, aux côtés du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), à toutes les batailles et il combattit vaillamment pour la cause de l'islam. Il participa aussi au Jihad au cours des règnes des quatre califes.


Khabbab était assidu à l'apprentissage des enseignements du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Un soir, il se rendit chez le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et le trouva entrain de prier. Il attendit donc que le Prophète termine sa prière. Mais il dut attendre toute la nuit, car ce dernier ne termina sa prière qu'à l'aube. Dès qu'il eût terminé, Khabbab dit : « Ô Messager d'Allah, que mes parents soient sacrifiés pour toi. Je ne t'avais jamais vu prier pendant si longtemps. » Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui répondit : « C'était la prière de la Crainte et de l'Espoir. J'ai demandé trois choses à Allah pour ma oummah : deux m'ont été accordées, alors que la troisième m'a été refusée. » Au sujet de ces deux choses qui lui avaient été accordées, le Prophète poursuivit : « La première est que l'ennemi ne me vainque pas et la deuxième, que ma oummah ne soit jamais détruite par un châtiment divin tel que ce fut le cas des nations du passé. »


Omar ibnal-Khattab et les autres compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avaient un grand respect pour Khabbab. Durant le califat d'Omar, chaque fois que Khabbab allait le voir, Omar le faisait asseoir près de lui. Ibn al-Athir rapporte qu'un jour que Khabbab était assis à côté d'Omar, comme à l'habitude, ce dernier lui demanda de lui parler des tortures qu'il avait subies aux mains des idolâtres. Khabbab souleva sa chemise et montra son dos au calife. Celui-ci fut stupéfait de voir que tout son dos était blanc comme celui d'un lépreux ; en fait, il ne s'agissait pas de lèpre, mais des marques laissées sur sa peau par les flammes sur lesquelles les idolâtres le déposaient durant les premiers jours de l'islam. Après avoir montré son dos, il raconta ce qu'il avait vécu durant ces jours difficiles et tout ceux qui étaient présents se mirent à pleurer.


En dépit de sa stature et du fait qu'il jouissait d'un rang des plus respectables au sein de l'islam, Khabbab était un homme des plus humbles. Une fois, alors qu'il était assis avec un groupe de compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), certains lui demandèrent de leur ordonner d'accomplir des choses, mais il répondit poliment : « Qui suis-je pour vous enjoindre de faire des actes que je n'accomplis peut-être pas moi-même ? »


Il arrivait à Khabbab de pleurer et de dire : « Nous avons émigré avec le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) pour Allah, et notre récompense pour cela nous a été gardée auprès d'Allah. Par la suite, certains d'entre nous ont quitté ce monde et n'ont pu bénéficier des fruits de leurs sacrifices. Mousab a été fait martyr au cours de la bataille de Ouhoud dans un état de dénuement tel qu'il n'avait qu'une pièce de tissus pour son linceul. Cette pièce de tissu était si petite que ses pieds restaient découverts lorsque l'on en couvrait sa tête et que sa tête restait découverte lorsque l'on en couvrait ses pieds. Alors nous dûmes couvrir ses pieds avec de l'herbe, comme nous le dit le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Mais aujourd'hui, notre situation a bien changé. Les grâces d'Allah nous viennent aussi abondantes que la pluie, alors je crains qu'Il ne nous récompense pour nos misères qu'en ce bas monde. »


Vers la fin de sa vie, Khabbab (radhia Allahou anhou) s'installa à Koufa. C'est là qu'en l'an 37 de l'Hégire, il tomba malade, souffrant de problèmes gastriques. Un jour qu'il en avait assez de souffrir, il dit : « Si le Prophète ne nous l'avait pas interdit, j'aurais demandé à Allah de prendre mon âme. »


Durant sa maladie, des gens vinrent le visiter afin de prendre de ses nouvelles et certains lui dirent : « Abou Abdoullah, tu devrais être heureux d'être sur le point de retrouver, à la fontaine d'al-Kaouthar, ceux des compagnons qui ont quitté ce monde avant toi. »


En entendant ces paroles, il se mit à pleurer et dit : « Par Allah, je n'ai pas peur de la mort. Vous avez parlé de ces compagnons qui sont morts sans avoir reçu de récompense ici-bas ; ils la recevront donc dans l'au-delà. Mais nous sommes restés ici après leur mort et nous avons tant reçu que je crains que notre récompense ne soit diminuée à cause des plaisirs dont nous avons déjà profité ici-bas. »


On apporta son linceul peu avant qu'il n'expire. En le voyant, il dit, les larmes aux yeux : « Ce linceul est suffisamment grand, mais quand Hamza (radhia Allahou anhou) est mort, personne n'a pu trouver de linceul assez grand pour couvrir tout son corps, alors ses pieds furent recouverts avec de l'herbe. »


Sa dernière volonté fut qu'on ne l'enterre pas dans la ville de Koufa, mais que l'on creuse sa tombe dans un espace ouvert à l'extérieur de la ville. Cette volonté fut respectée. Par la suite, les gens de Koufa se mirent à enterrer les membres de leurs familles au même endroit où l'on avait enterré Khabbab. Khabbab (radhia Allahou anhou) est mort à l'âge de 72 ans.


Selon Moustadrak al-Hakim, Ali (radhia Allahou anhou) était présent à l'enterrement de Khabbab ; c'est d'ailleurs lui qui mena la prière funéraire. Mais l'historien ibn al-Athir n'est pas du même avis. Selon lui, Ali participait à la bataille de Siffain au moment de la mort de Khabbab. Alors quand il revint à Koufa (la capitale du califat d'Ali), il vit sept nouvelles tombes en banlieue de la ville. Il demanda : « De qui sont ces tombes ? Il n'y en avait aucune lorsque j'ai quitté la ville. »


Les gens lui dirent : « Ô Amiroul-Mominine (Prince des Croyants), la première tombe est celle de Khabbab ibn al-Aratt, qui a été enterré ici suivant sa dernière volonté. Et les autres tombes sont celles de gens que l'on enterre ici à cause de la présence de celle de Khabbab. »


Entendant cela, Ali se mit à pleurer et dit : « Qu'Allah bénisse Khabbab et soit miséricordieux avec lui. Il a embrassé l'islam de son plein gré, il a émigré pour Allah et a passé sa vie à faire le Jihad et à endurer toutes sortes de difficultés dans le sentier d'Allah. Allah ne rend jamais vaines les actions des gens vertueux. »


Par la suite, Ali (radhia Allahou anhou) resta debout un long moment près de la tombe de Khabbab où il pria pour lui et pour ceux qui étaient enterrés près de lui.


Les sacrifices et les vertus de Khabbab brilleront toujours d'un éclat éternel.


Qu'Allah soit satisfait de lui.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 03 mars 2007 07:39

abou abdoullah salman al-farisi

Abou Abdoullah Salman al-Farisi (radhia Allahou anhou) était un compagnon particulièrement proche du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Il se démarquait par sa grande dévotion et sa chasteté, de même que par son savoir, sa sagesse et sa bonne compréhension de la religion ; toutes les écoles de pensée islamiques reconnaissent ces qualités chez lui. La déclaration suivante du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) constitue le plus grand témoignage du savoir et de l'intelligence de Salman : « Salman a beaucoup de savoir. »

Une fois, on interrogea Ali (radhia Allahou anhou) au sujet de Salman et il répondit : « Le savoir et la science de Salman sont équivalents à ceux de Louqman, le Hakim (le Sage). ». À une autre occasion, il déclara : « Salman connaît le Premier (i.e. l'Ancien et le Nouveau Testaments) et le Dernier (i.e. le Coran). Son savoir est tel une rivière qui ne tarit jamais. » Enfin, Mouadh bin Jabal al-Ansari (radhia Allahou anhou) conseilla à l'un de ses disciples d'apprendre la religion de quatre personnes, et Salman en faisait partie.


Comme en témoigne l'histoire, Salman était en quête de Vérité dès son plus jeune âge. Longtemps avant la venue de l'islam, habitait à Ji, un village d'Ispahan (en Perse), une famille d'adorateurs du feu. Le chef de ce village était Bou Zakhshan bin Morsalan Abdoul Maleki. Non seulement était-il un important propriétaire terrien et l'administrateur d'un grand temple du feu, mais il avait ses entrées à la Cour du roi de Perse. Bien que son fils unique, Maba, qu'il aimait plus que tout, fût élevé dans du coton, il n'était point un enfant gâté. Il était plutôt doux, calme et obéissant. Il n'aimait pas s'amuser avec les garçons de son âge ; il préférait s'occuper du temple du feu et tout ce qui importait pour lui était de faire en sorte que le feu ne s'éteigne jamais.


Un jour, alors que Bou Zakhsan était occupé à autre chose, il demanda à son fils, Maba, d'aller s'occuper des champs de céréales. Sur le chemin menant aux champs se trouvait une église chrétienne. Et au moment où Maba passait devant, un service religieux avait lieu. Maba entendit une chanson glorifiant Dieu et décida d'entrer dans l'église. Il fut grandement impressionné par la façon dont les chrétiens adoraient Dieu et pensa que leur religion était supérieure à la sienne. Il aborda directement le prêtre de l'église et lui dit : « J'aime beaucoup votre religion et j'aimerais devenir chrétien et abandonner ma religion. » Ils l'acceptèrent volontiers parmi eux et le baptisèrent.


En apprenant la conversion de son fils, Bou Zakhsan devint furieux. L'amour et l'affection qu'il éprouvait pour son fils se changèrent en sévérité et en cruauté ; il retint son fils captif dans une chambre isolée, avec les pieds enchaînés. Mais il était difficile d'arrêter la quête de Dieu qui s'était emparée du c½ur de Maba ; il se débrouilla donc pour faire parvenir un message aux chrétiens, leur demandant d'organiser sa fuite en Syrie, ce qu'ils firent de bon c½ur.


Arrivé en Syrie, Maba rencontra l'évêque et lui demanda de lui transmettre son savoir sur la chrétienté, car c'était là l'unique but de son voyage. L'évêque lui accorda sa requête et Maba commença donc à vivre avec lui et à apprendre de lui. L'évêque, cependant, était un hypocrite. En apparence, il menait une vie très religieuse, mais en réalité, il n'avait d'autre intérêt que d'accumuler les richesses et de jouir de plaisirs somptueux. Maba eut tôt fait de déceler cette hypocrisie chez l'évêque mais il ne pouvait rien faire ou dire contre lui, car l'évêque était aimé et respecté du peuple ; il était donc risqué pour lui de le démasquer. Mais après la mort de ce dernier, Maba révéla au peuple tout ce qu'il savait et leur montra les nombreuses richesses que l'évêque avait accumulées. Cela enragea les gens à tel point qu'ils allèrent lapider le corps de l'évêque.


Le nouvel évêque que l'on désigna pour remplacer le précédent était un homme véritablement pieux et Maba l'aimait beaucoup. Dans les années qui suivirent, Maba se rendit à quatre ou cinq endroits différents où les hommes du clergé le reçurent à bras ouverts, mais chaque fois, celui avec qui il étudiait décédait peu de temps après son arrivée. Le dernier endroit où se rendit Maba était une ville nommée Amourya. Le vieil évêque d'Amourya était un homme pieux et fort respectable. Il aimait profondément Maba et lui transmis tout son savoir sur la chrétienté. Maba devint un érudit et, comme l'évêque, passait ses journées et ses nuits à prier et à adorer Dieu. Il fit aussi l'acquisition de quelques chèvres dont le lait lui servait de nourriture.

Mais après quelque temps, l'évêque d'Amourya, comme les autres, se trouva à l'article de la mort. Avant de mourir, il dit à Maba :
« Ô mon fils, toi qui es en quête du Droit Chemin, le monde se trouve dans un moment critique. Les gens se noient dans le profond océan des péchés et du mal. Je n'ai aucune idée chez qui je devrais t'envoyer maintenant. Mais tu ne dois pas être déçu, car je crois que le moment où le Dernier Messager de Dieu doit apparaître est proche. Il doit apparaître dans le désert d'Arabie et il fera renaître la véritable religion de Dieu. De son lieu de naissance, il émigrera à l'endroit où se trouvent des dattiers en abondance. Entre ses deux épaules, se trouvera le Sceau de la Prophétie. Il acceptera les cadeaux qui lui sont offerts, mais refusera les aumônes, car il les considérera comme illicites pour lui-même. Si tu es encore en vie au moment où ce Prophète apparaîtra, alors tu devras le suivre. » Sur ces mots, l'évêque expira.


Maba partit donc à la recherche du Dernier des Prophètes (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Il apprit qu'une caravane de Banou Kalb passait par Amourya pour se rendre en Arabie. Il alla voir le chef de la caravane et, lui offrant son bétail, lui demanda s'il pouvait voyager avec eux. Le chef accepta et, prenant les vaches et les chèvres qui lui étaient offertes, fit signe à Maba de prendre place parmi eux.


Quand la caravane atteignit Wadioul Qoura, les gens de la caravane, qui étaient malintentionnés, abusèrent de sa confiance et le vendirent à un juif. Maba vécut avec ce juif pendant quelque temps et fut vendu une nouvelle fois à un autre juif qui lui habitait à Yathrib (ancien nom de Médine). À Yathrib, Maba vit qu'il y avait beaucoup de dattiers et il se dit que c'était peut-être là l'endroit où, selon l'évêque d'Amourya, le Dernier Messager de Dieu allait émigrer. Alors il attendit patiemment son arrivée.


Un jour, alors qu'il était entrain de grimper à un dattier dans le jardin de son maître, un juif qui revenait de la ville passa par là et s'écria : « Les gens de la tribu de Qouba se sont pris d'un enthousiasme aveugle pour un homme qui est arrivé de la Mecque et qui prétend être le prophète de Dieu ; ils croient ce qu'il dit et même leurs femmes et leurs enfants y croient. »


Cette incroyable nouvelle provoqua une vive émotion chez Maba. Il avait la certitude que cet homme qui était venu à Yathrib en provenance de la Mecque n'était nul autre que le Dernier Messager de Dieu. Il descendit aussitôt de l'arbre et demanda au juif : « Que se passe-t-il ? »


Voyant sa curiosité, son maître se fâcha et, le giflant au visage, lui dit : « Tu n'as pas à te mêler de ces choses. Va-t-en et mêles-toi de ce qui te regarde. » Maba, cependant, ne tenait plus en place et il était plus que jamais déterminé à rencontrer cet homme qui se disait le Dernier des prophètes d'Allah. Un jour qu'on l'avait envoyé au marché pour acheter de la nourriture, il aperçut le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et lui dit : « Ô l'élu d'Allah, j'ai acheté cette nourriture pour l'offrir en charité aux pauvres, mais ayant appris que toi et tes compagnons êtes des étrangers ici, j'aimerais vous l'offrir et vous prie de l'accepter. »


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) prit la nourriture que lui tendait Maba, la distribua aux gens qui étaient présents, mais n'en garda pas pour lui-même et n'en mangea pas. Maba pensa alors que le premier signe dont lui avait parlé l'évêque, au sujet du Prophète, s'avérait exact. Mais il lui restait à vérifier les deux autres signes.
Un autre jour, Maba alla de nouveau voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Ayant apporté de la nourriture avec lui, il la tendit au Prophète et lui dit : « Ceci est un cadeau pour toi. » Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) accepta le cadeau, en mangea un peu et partagea le reste avec les gens autour de lui. Maba comprit que le deuxième signe indiquant que cet homme était le Dernier des prophètes s'avérait exact également. Il lui restait maintenant à voir le Sceau de la Prophétie entre ses épaules. Quelques jours plus tard, lorsque le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) se rendit au cimetière d'al-Baqie pour enterrer un mort, Maba l'accompagna. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) comprit que ce dernier essayait de voir quelque chose sur son dos, alors il fit intentionnellement glisser sa chemise de ses épaules de façon à ce que Maba puisse voir distinctement le signe de la prophétie entre ses épaules. En l'apercevant, Maba put à peine se retenir d'embrasser ce signe qui confirmait que c'était bel et bien le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) qui se tenait devant lui. Il prononça immédiatement la shahada et devint musulman. Maintenant, il ne s'appelait plus Maba, le Prophète ayant changé son nom pour Salman al-Farisi Alkhair.


Salman (radhia Allahou anhou) avait enfin trouvé la voie de son Créateur. Un grand changement s'opéra dans sa vie. Il n'avait plus qu'un seul désir, c'était de consacrer toute sa vie au service d'Allah et de Son Messager. Malheureusement, cela ne lui était pas possible, car il n'était pas un homme libre. Il était l'esclave d'un juif cruel et il ne lui était pas facile de recouvrer sa liberté. Les batailles de Badr et d'Ouhoud eurent lieu alors qu'il était déjà musulman, mais il ne put y participer. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), voyant son impuissance, suggéra un jour à Salman de tenter de recouvrer sa liberté en la rachetant au juif. Salman demanda donc au juif combien d'argent il voulait pour sa liberté. Le juif demanda 40 ouqias d'or et lui demanda aussi de planter 300 dattiers sur ses terres. Lorsque le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) fut mis au courant, il dit à ses compagnons : « Vous devriez aider Salman à se libérer du joug d'un ennemi de l'islam. »


Les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) acceptèrent de bon c½ur et tous se mirent à la tâche de rassembler les plants de dattiers, chacun selon ses capacités ; et c'est ainsi que 300 plants furent rassemblés. Puis, les musulmans, accompagnés du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui-même, se rendirent sur les terres du juif et plantèrent eux-mêmes les dattiers. Il ne resta donc plus que les 40 ouqias d'or à payer et c'est le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) qui les paya après avoir reçu de l'or provenant d'un butin de guerre. Salman alla trouver le juif et lui donna l'or ; il était libre. Après avoir recouvré sa liberté, Salman passa la majeure partie de son temps à escorter le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) partout où ce dernier allait, qu'il fût chez lui ou en voyage.


Il aimait profondément le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et c'est pourquoi il désirait passer le plus de temps possible en sa compagnie. De cette façon, il acquit beaucoup de savoir. Aisha (radhia Allahou anha), la mère des croyants, rapporte que parfois, le soir, Salman restait si tard en compagnie du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) que ses femmes (au Prophète) se disaient que le Prophète allait peut-être passer toute la nuit à parler avec lui.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avait aussi beaucoup d'affection pour lui. Il aimait tellement Salman qu'il l'inclut dans sa propre famille. Ibn Abdoul Barr rapporte qu'une fois, le Prophète affirma : « Allah m'a demandé d'aimer quatre personnes parce que Lui-même les aime. » On lui demanda : « Et qui sont ces quatre personnes ? » Il répondit : « Ce sont Ali, Miqdad, Salman et Abou Dharr. »


Un jour, lorsque Salman vint rendre visite au Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), il le trouva assis, appuyé sur un coussin. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) offrit son coussin à Salman et dit : « Salman, si un musulman rend visite à un autre musulman et que ce dernier lui offre son coussin par respect, alors Allah lui pardonne ses péchés. »


Une fois, Salman rendit visite à Omar (radhia Allahou anhou) et ce dernier lui offrit son coussin par respect. Salman, content de ce geste, lui rapporta ce que le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui avait dit à ce sujet.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avait donné le titre de « Salman Alkhair » (Salman le vertueux) à Salman et lui avait dit : « Le Paradis aime beaucoup Ali, Ammar et Salman ».


Au cours du mois de Dhul-Qaada de la cinquième année de l'Hégire, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) fut informé qu'une très grosse armée de polythéistes s'apprêtait à envahir Médine. Il convoqua ses compagnons afin de les consulter sur la façon dont ils devaient s'y prendre pour se défendre contre l'ennemi et triompher de lui. Salman (radhia Allahou anhou), qui connaissait les stratégies de guerre de l'Iran, dit : « Ô Messager d'Allah, numériquement, nous ne faisons pas le poids contre l'ennemi. Il ne serait donc pas sécuritaire, pour nous, de combattre sur un terrain découvert. Dans ces circonstances, il serait préférable que nous creusions des tranchées autour de Médine afin de la protéger contre l'ennemi. »


Cette suggestion plut beaucoup au Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ; les musulmans commencèrent donc à creuser des tranchées autour de la ville. Le Prophète lui-même et près de trois milles de ses compagnons s'attelèrent à la tâche et le travail fut terminé en quinze jours. Les tranchées avaient cinq pieds de largeur et cinq pieds de profondeur. Lors de la distribution du travail, les Mouhadjirin et les Ansar se disputèrent au sujet de Salman, voulant savoir à quel groupe ce dernier devait appartenir. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) mit un terme à cette dispute en déclarant : « Salman fait partie de ma famille. » Non seulement cette déclaration trancha-t-elle la question, mais elle fit également un grand honneur à Salman. Les polythéistes de la Mecque venaient envahir Médine avec l'intention de détruire une fois pour toutes le siège de l'islam, mais lorsqu'ils virent les tranchées, ils n'osèrent s'en approcher. De plus, Allah créa chez eux une telle détresse et une telle désorganisation qu'ils furent forcés de faire marche arrière sans avoir pu mettre à exécution leurs funestes intentions. Cette bataille est connue dans l'histoire de l'islam comme la Bataille des Ahzab (des coalisés) ou la Bataille de al-Khandaq (des tranchées). Salman (radhia Allahou anhou) participa à toutes les batailles après celle-là.


Comme Salman avait été inclus dans la famille du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), il refusa, à partir de ce jour, toute charité. Durant le règne d'Omar (radhia Allahou anhou), Salman quitta Médine pour l'Iraq où il s'installa de façon permanente. Au moment de l'invasion de l'Iran, il fut inclus dans l'armée musulmane et participa à plusieurs batailles au cours desquelles il combattit vaillamment. Après la conquête de Madayen, Omar nomma Salman gouverneur de Madayen et lui fixa un salaire d'environ cinq milles dirhams qu'il n'utilisa jamais pour ses besoins. En effet, tout ce qu'il recevait comme salaire, il le distribuait aux pauvres et subvenait à ses propres besoins en tissant des matelas ; et même une partie de ce qu'il gagnait ainsi allait aux pauvres. Il prononçait ses sermons vêtu d'un manteau fait d'un tissu des plus ordinaires. Pour se déplacer, il utilisait une ânesse qu'il montait sans selle et il portait toujours une chemise trop courte pour lui. Les gens qui le voyaient riaient de lui. Mais ça lui était égal et il disait : « Vous pouvez bien rire, aujourd'hui, tant que vous le voulez, mais la valeur du vice et celle de la vertu ne seront connues qu'après cette vie. »


Il avait une vieille couverture faite de poils de chameau qu'il gardait sur ses épaules durant le jour et qu'il utilisait pour se couvrir la nuit. Lorsqu'il sortait ainsi accoutré, les gens de Madayen s'écriaient : « Gourg Aamad ! Gourg Aamad ! (le loup arrive ! le loup arrive !). Un jour qu'il passait par un bazar de Madayen, un étranger le prenant pour un ouvrier lui demanda de porter ses bagages. Salman (radhia Allahou anhou) prit les bagages de l'étranger et le suivit.
Les gens, en l'apercevant ainsi, portant les bagages d'un autre comme un serviteur, se mirent à dire : « Ô compagnon du Prophète, Gouverneur de Madayen, que t'arrive-t-il ? Pourquoi portes-tu ces bagages sur tes épaules ? Donne-les-nous que nous les portions à leur destination. »


En entendant ces paroles, l'étranger, d'abord abasourdi, fut pris d'une grande honte. S'excusant à Salman, il dit : « Pardonnez-moi, monsieur, je ne vous avais pas reconnu. » Il voulut reprendre ses bagages des mains de Salman, mais ce dernier lui dit : « Mon frère, tu m'as demandé de porter tes bagages, alors laisse-moi les porter jusqu'à l'endroit où tu veux aller. »


Un jour, un homme vint visiter Salman chez lui et le trouva en train de pétrir de la pâte. Il lui demanda : « Où est ton serviteur ? » « Je l'ai envoyé à l'extérieur accomplir un autre travail alors je pétris cette pâte moi-même. » répondit Salman avant de poursuivre : « Je ne crois pas qu'il soit très juste de confier à un homme deux tâches à la fois. »


Une fois, un homme insulta Salman. Ce dernier lui dit : « Mon frère, s'il s'avère que je suis un pécheur, au Jour du Jugement, alors je serai encore pire que ce dont tu m'as traité aujourd'hui. Et s'il s'avère que mes péchés sont beaucoup moindres que ce dont tu m'accuses, et bien ce que tu viens de dire m'importe peu. »


Un de ses amis suggéra un jour à Salman : « Comme tu ne possèdes pas de maison dans laquelle tu puisses vivre, j'aimerais faire construire une maison pour toi. » Mais cette offre ne plut pas à Salman. L'homme, cependant, insista tant que Salman finit par lui dire : « Puisque tu souhaites tellement faire construire une maison pour moi, alors je n'accepterai qu'à la condition que lorsque je dormirai dans la chambre, mes jambes puissent toucher les murs et que lorsque je me tiendrai debout, ma tête touche le plafond. »


Son ami n'eut d'autre choix que de faire construire la maison telle que la voulait Salman. En bref, Salman (radhia Allahou anhou) vécut une vie des plus simples et des plus ordinaires à l'époque où il était gouverneur d'une province.
Salman al-Farisi avait épousé une femme de la tribu de Kinda, qui était une tribu très respectable et très riche. Après le mariage, lorsqu'il revint chez lui, le soir, il vit qu'on avait installé de grands rideaux sur les murs. Ne pouvant tolérer un tel luxe, il demanda : « Cette maison souffre-t-elle de la fièvre pour qu'on l'ait couverte de draps ? Ou cette maison est-elle la Kaaba que l'on a transféré de la Mecque à la tribu de Kinda pour être ainsi couverte de draps ? »


Sur ce, il ordonna qu'on enlève tous les rideaux des murs, sauf celui de la porte. Lorsqu'il entra dans la chambre, il la trouva pleine de meubles de grande valeur. « D'où viennent toutes ces choses ? » demanda-t-il. On lui répondit : « Ces choses sont pour toi et ta femme. »


« Mais je n'ai pas besoin de toutes ces choses ! » dit Salman. « Mon maître, le Messager d'Allah, m'a dit : « Ô Salman, tu ne devrais jamais garder avec toi plus de choses qu'un voyageur n'en garde avec lui. »


Une fois, alors qu'en compagnie de ses compagnons il entrait dans une ville après sa conquête, ils virent plusieurs aliments éparpillés çà et là sur la route. Un de ses compagnons, en voyant cela, dit gaiement : « Oh, quelle bénédiction venant d'Allah ! » Salman l'interrompit : « Mon frère, pourquoi es-tu si content ? Crois-tu que nous ne devrons pas rendre des comptes à Allah pour ces choses aussi ? »


Un jour, à l'époque où il était gouverneur, un homme le vit alors qu'il montait une ânesse sans selle et qu'il portait un vêtement rapiécé. L'homme lui demanda : « Ô Amir, comment se fait-il que tu te trouves dans une situation si désespérée ? » « Mon frère, le vrai repos et le véritable confort se trouvent dans la prochaine vie. », répondit Salman.


Cela ne signifie pas que Salman était devenu une sorte de moine ou d'ermite. Il n'allait pas à contre-courant de la société. Son seul but était de suivre le chemin tracé par le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). En effet, ce dernier avait strictement interdit à ses fidèles de se tenir à l'écart de la vie en société et de vivre en solitaire. C'est d'ailleurs pourquoi Salman (radhia Allahou ahnou) détestait la solitude et il interdisait même aux autres de mener une vie solitaire. On rapporte que son frère en islam, Abou ad-Darda al-Ansari, était un fervent croyant qui passait ses jours à jeûner et ses nuits à prier. Sa dévotion prit une ampleur telle que sa femme en devint agacée. Salman vit que la femme d'Abou ad-Darda était malheureuse à cause de l'ascétisme et de l'abstinence démesurés de son mari. Lorsque Abou ad-Darda revint chez lui et trouva Salman qui l'attendait, il lui offrit à manger. Mais Salman lui dit : « Si tu ne manges pas, alors je ne mangerai pas non plus. »


Abou ad-Darda (radhia Allahou anhou) lui répondit qu'il ne pouvait manger parce qu'il jeûnait. Salman garda le silence mais quand, le soir venu, Abou ad-Darda se leva pour prier, Salman se leva également et, l'attrapant par la main, lui dit : « Abou ad-Darda, tout comme tu dois remplir tes devoirs envers Allah, tu dois aussi les remplir envers toi-même et envers ta femme. Rompre le jeûne est nécessaire après avoir jeûné, et dormir est aussi nécessaire après s'être réveillé et avoir fait la prière de la nuit. »


Le matin venu, ils allèrent tous deux voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) afin qu'il règle la question. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) les écouta patiemment tous les deux et dit ensuite à Abou ad-Darda : « Salman a plus de savoir que toi en matière religieuse. »


Après la mort du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), Abou ad-Darda (radhia Allahou anhou) partit pour la Syrie où il s'installa de façon permanente. Il était très heureux là-bas et vivait plutôt à l'aise. Il écrivit à Salman : « Je suis très heureux ici. Allah m'a accordé des richesses et des enfants et je vis dans la terre bénie. »
En réponse, Salman écrivit : « Ce n'est pas une vertu que de vivre dans une terre bénie ou d'avoir des enfants et des richesses ; la véritable vertu se trouve dans tes actions qui seules peuvent t'être profitables dans l'au-delà. »
Salman tremblait constamment par crainte de l'au-delà et rappelait toujours aux autres leurs responsabilités à cet égard. Il disait : « Je m'étonne de trois types de personnes. Les premières sont constamment à la poursuite des choses d'ici-bas alors que la mort est à leur poursuite. Les deuxièmes sont celles qui ont oublié la mort alors que la mort ne peut les oublier. Et les troisièmes sont celles qui rient tout haut alors qu'elles ignorent si Allah est satisfait d'elles ou non. »


Il disait souvent : « Il y a trois choses dont la pensée m'attriste et m'effraie à la fois : la séparation d'avec mon maître, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), et d'avec ses compagnons, les tourments de la tombe et le Jour de la Résurrection. »


Il conseillait toujours aux gens d'être humble et leur disait : « Celui qui adopte l'humilité, ainsi qu'une attitude de soumission envers Allah, sera honorable aux yeux d'Allah au Jour de la Résurrection. »


Salman al-Farisi (radhia Allahou anhou) mourut en l'an 35 de l'Hégire, au cours du règne du troisième calife, Othman bin Affan (radhia Allahou anhou). Les historiens diffèrent quant à l'âge auquel il est mort ; certains croient qu'il est mort à l'âge de quatre-vingts ans, alors que d'autres prétendent qu'il serait mort à l'âge de cent cinquante ans.


Saad bin Abi Waqqas (radhia Allahou anhou) vint voir Salman alors que les jours de ce dernier étaient comptés. En le voyant, Salman se mit à pleurer amèrement. « Pourquoi pleures-tu, Abou Abdoullah ? », demanda Saad, « tu devrais plutôt être content, en ce moment, car tu es sur le point d'aller rencontrer le Prophète au Paradis. »


Salman répondit : « Par Allah, je n'ai pas peur de la mort pas plus que je n'ai quelque désir pour ce monde. Je pleure parce que le Prophète m'a fait prêter le serment de ne pas amasser des biens de ce monde et de quitter ce monde les mains vides comme il l'a fait lui-même. Mais maintenant, je me rends compte que certaines choses d'ici-bas se sont accumulées autour de moi. Alors je crains d'être privé de la rencontre avec mon maître. »


Et les choses de ce monde qui faisaient tant pleurer Salman n'étaient autres qu'une casserole, une tasse, un plat et une vieille couverture. Sur son lit, deux briques lui servaient d'oreiller. Il recommanda à Saad et aux autres qui étaient présents de se rappeler Allah à chaque instant et leur dit qu'ils ne devaient pas mourir en gens malhonnêtes, mais qu'ils devaient plutôt faire leur possible pour mourir en accomplissant le Hajj ou en participant au Jihad, ou encore en récitant le Coran.


Par ses actions et par sa pratique religieuse, Salman al-Farisi demeurera toujours une lumière et un guide pour tous les musulmans.


Qu'Allah soit satisfait de lui.

# Posté le samedi 03 mars 2007 07:38

abou dharr ghifari

Au moment où Abou Dharr Ghifari a embrassé l'islam, seuls Khadija (radhia Allahou anha), Abou Bakr Siddiq (radhia Allahou ahnou), Ali (radhia Allahou anhou) et Zaïd bin Haritha (radhia Allahou anhou) étaient déjà devenus musulmans. Il faisait donc partie des dix premiers musulmans. Dans l'histoire islamique, il est connu comme l'un des plus sincères et l'un des plus francs compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Il disait toujours la vérité et ce qu'il pensait vraiment, même au risque de provoquer le mécontentement des autres. Ses déclarations étaient toujours animées d'un désir de vérité, dépourvues de toute dissimulation ou de sous-entendus, indépendamment des liens d'amitié ou autres qui l'unissaient à ses auditeurs. Son c½ur était pur et humble.


Un jour, alors que le Messager d'Allah, Mohammed (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), était assis en compagnie de quelques sahaba, Abou Dharr vint à lui et lui rendit hommage d'une manière qui exprimait son amour et son respect illimités pour le Messager (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Ce dernier lui dit alors : « Le ciel n'a jamais abrité et la terre n'a jamais porté une personne plus véridique qu'Abou Dharr. »


Selon certains historiens, le véritable nom d'Abou Dharr Ghifari était « Barir », mais selon d'autres, il s'appelait en réalité Jandab. Il appartenait à la tribu Banou Ghifar et c'est pourquoi il se faisait appeler Ghifari. Cette tribu était constituée des descendants de Kenana bin Khazima, qui était un ancêtre du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) de la 15e ramification de l'arbre généalogique. Ghifar était de la 7e génération de la lignée de la famille d'Abou Dharr, alors on donna son nom à la tribu. La mère d'Abou Dharr se nommait Ramla, fille de Rabiah, et elle appartenait à la même tribu. Cette tribu était située dans la région de Badr, c'est-à-dire à environ 80 milles de Médine, et la route qui allait de la Mecque à la Palestine passait tout près de cet endroit. Ayant très peu de moyens de subsistance, les gens de la tribu de Banou Ghifar étaient fort pauvres, mais ils ne se plaignaient guère et demeuraient satisfaits en dépit de leur lamentable situation. Cependant, certains d'entre eux, contraints par leur extrême pauvreté, en vinrent à voler pour survivre. Ils pillaient non seulement les caravanes commerciales faisant la navette entre la Mecque et la Palestine, mais parfois aussi les autres tribus habitant dans la même région.


C'est donc dans cette atmosphère que grandit le petit Abou Dharr. Alors qu'il était encore jeune, il prit part à certains pillages organisés par les gens de sa tribu, mais un jour, tout à coup, il se mit à détester le vol et le pillage et à ressentir une profonde aversion envers les divinités et les idoles fabriquées par les hommes. Allah le guida sur la voie du monothéisme et il se mit à Le prier à sa façon. Plus tard, il racontera, sur cette période de sa vie : « Je me tenais debout, en prière, toute la nuit et je restais ainsi jusqu'au lever du soleil. Je m'étendais alors sur le sol et ne me levais qu'au moment où je commençais à sentir la chaleur du soleil. »


Les gens de Ghifar l'entendaient dire « La ilaha ill-Allah » et se demandaient ce qu'il voulait dire. C'est à ce moment que le soleil de l'islam se leva sur la Mecque et que le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) commença à prêcher le message d'Allah à son peuple. Un jour, un homme de la tribu Ghifari, en visite à la Mecque, entendit parler du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). De retour parmi les siens, il en parla à Abou Dharr. Entendant cela, ce dernier envoya immédiatement son frère Ounais à la Mecque dans le but d'obtenir plus d'informations sur le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et sur son message prêchant l'unicité d'Allah. Ounais, qui était un homme intelligent ainsi qu'un grand poète, alla donc à la Mecque où il eut l'occasion d'entendre le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui-même prêcher son noble message ; il fut grandement impressionné par ses paroles. Lorsqu'il revint chez lui, Abou Dharr lui demanda : « Comment as-tu trouvé celui qui appelle les gens à l'unicité d'Allah ? » Il répondit : « Les gens le traitent de poète, de diseur de bonne aventure, de magicien... Mais, par Dieu, je n'ai rien trouvé de tel en lui. En fait, il invite les gens à la vertu et leur interdit de commettre de mauvaises actions. »


Abou Dharr fut insatisfait de cette réponse, alors il partit lui-même pour la Mecque. En arrivant sur place, il s'installa près de la Kaaba. Bien qu'il n'eût aucun moyen de reconnaître le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), il crut inapproprié de s'informer de lui auprès des gens. Il espérait que le Créateur Lui-même l'aiderait à reconnaître Son Messager. Quelques jours plus tard, Ali le vit et lui dit : « Je te vois ici depuis quelques jours, et tu sembles chercher quelqu'un ; qu'y a-t-il ? » Abou Dharr répondit : « Je peux te dire qui je cherche si tu me promets de garder le secret. » « Soit assuré que je ne divulguerai ton secret à personne. » lui répondit Ali (radhia Allahou anhou).


Abou Dharr lui dit alors ce qu'il voulait. Ali, très content d'apprendre ce qui l'amenait, dit à Abou Dharr : « Tu as trouvé le bon Chemin ; celui que tu cherches est vraiment le Messager d'Allah. » « Alors, pour l'amour d'Allah, je t'en prie mène-moi à lui. » lui demanda Abou Dharr. Ali l'amena donc voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). En voyant le visage rayonnant du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), Abou Dharr n'eut pas l'ombre d'un doute quant au fait qu'il était réellement le Prophète envoyé par Allah. Impatient, il demanda : « Ô Messager d'Allah, parle-moi, je te prie, de ton message. »


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui parla de l'islam en termes si éloquents et impressionnants qu'Abou Dharr n'hésita pas le moindrement et accepta l'islam sur-le-champ. C'est ainsi qu'il devint le cinquième musulman de l'histoire de l'islam.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui demanda : « Et comment t'es-tu débrouillé pour manger au cours des derniers jours ? » En réponse à cette demande, Abou Dharr dit : « Je n'ai rien pu trouver à manger ; je me suis contenté de l'eau de ZamZam. » Entendant cela, Abou Bakr Siddiq, qui était parmi eux, demanda la permission au Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) d'amener Abou Dharr chez lui pour lui offrir à manger. Non seulement le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui accorda-t-il cette permission, mais il les accompagna chez Abou Bakr, où on leur servit des raisins secs.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) conseilla à Abou Dharr de ne révéler à personne, à la Mecque, sa conversion à l'islam et de retourner à sa tribu afin de leur parler de l'islam. Mais Abou Dharr était beaucoup trop enthousiaste et il dit au Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) : « Ô Messager d'Allah, je ne peux taire ma foi en ce moment, alors je te prie de me permettre de la déclarer ouvertement à la Mecque. »


Voyant son enthousiasme, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ne s'objecta plus. Alors Abou Dharr sortit et se rendit directement à la Kaaba où il trouva plusieurs idolâtres. S'adressant à eux, il dit à voix haute : « Nul ne mérite d'être adoré en dehors d'Allah et Mohammed (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) est Son véritable Messager ! ». En entendant ces paroles, les idolâtres se ruèrent sur lui et le battirent tant qu'il fut bientôt couvert de bleus et de sang. Pendant qu'ils le battaient, Abbas bin Abdoul Mouttalib, l'oncle du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) s'approcha d'eux, et lorsqu'il vit qu'on battait un étranger de façon aussi impitoyable, il se précipita à son secours. Il réprimanda les assaillants et les écarta d'Abou Dharr. Comme, à ce moment-là, Abbas n'avait pas encore embrassé l'islam, il était toujours respecté par le peuple de Qouraish ; ils laissèrent donc Abou Dharr partir. Abou Dharr, cependant, n'était point intimidé par ces brutes. Le lendemain, il revint à la Kaaba et, s'adressant de nouveau aux idolâtres, répéta la même déclaration que la veille. Cet affront les enragea au plus haut point et ils l'assaillirent à nouveau.

Et encore une fois, c'est Abbas qui vint à son secours. Il dit aux idolâtres qu'Abou Dharr appartenait à la tribu Banou Ghifar, une tribu connue pour aimer la guerre, et il leur déconseilla fort de ne point les provoquer afin d'éviter de devenir ennemis avec une tribu aussi belliqueuse. S'ils tuaient Abou Dharr, aucune caravane commerciale ne pourrait plus passer en sécurité dans la région de Banou Ghifar. Les idolâtres comprirent l'avertissement que leur servait Abbas ; ils laissèrent donc Abou Dharr tranquille.


Abou Dharr, de son côté, comprit que les gens de Qouraish ne l'écouteraient pas et qu'il était inutile de tenter de les convaincre. Seul le Prophète d'Allah (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) pouvait les guider sur le droit chemin. Il décida donc de retourner parmi les siens et de prêcher l'islam parmi eux. De retour chez lui, il parla d'abord d'islam à sa mère et à ses deux frères, qui répondirent favorablement ; ils devinrent aussitôt musulmans. Encouragé par leur conversion, il se mit ensuite à prêcher avec beaucoup de zèle parmi les gens de sa tribu. Ses efforts furent bien récompensés, car près de la moitié des gens de Banou Ghifar embrassèrent l'islam en l'espace de très peu de temps, tandis que l'autre moitié fit de même après la Hijra (migration) du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) de la Mecque à Médine.


Abou Dharr lui-même n'émigra à Médine qu'après les batailles de Badr, Ouhoud et Khandaq (des tranchées) ; il n'a donc pas participé à ces batailles. À Médine, il se dévoua entièrement au service du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui).


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) donna à Abou Dharr 32 chamelles laitières avec lesquelles il partit, accompagné de sa femme, Laila, et de son fils, Dharr, s'installer dans un endroit appelé dhi-Qard, à environ 12 milles de Médine. Mais en route, ils furent attaqués par une bande de voleurs de Banou Ghatfan. Les voleurs tuèrent son fils et s'enfuirent avec sa femme et les 32 chamelles données par le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Dans l'intervalle, des compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) apprirent ce qui s'était passé et se précipitèrent à leur secours. Les voleurs furent vite rattrapés et les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ramenèrent à Abou Dharr sa femme et ses chamelles. Cet événement est connu sous le nom de « bataille de Dhi-Qard ».


La première bataille qui eut lieu après sa migration à Médine fut la bataille de Tabouk. Abou Dharr y participa avec ferveur et y déploya beaucoup d'ardeur. Alors qu'ils se rendaient sur le champ de bataille, lui et l'armée musulmane, il fut séparé de l'armée par son chameau qui était trop lent. Exaspéré, il abandonna le chameau et poursuivit sa route à pied, son bagage à l'épaule.


L'armée musulmane avait déjà établi son campement lorsqu'Abou Dharr la rejoignit. L'un des compagnons, le voyant arriver au loin sans le reconnaître, dit au Prophète : « Ô Messager d'Allah, quelqu'un s'approche de notre campement. » « C'est peut-être Abou Dharr », répondit calmement le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Et quand Abou Dharr fut plus près, ils le reconnurent. C'est à ce moment que le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) dit : « Abou Dharr voyage seul, il mourra seul et il se lèvera seul au Jour de la Résurrection. » Comme nous le verrons plus loin, Abou Dharr, en effet, mourut seul dans un endroit isolé.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) était très impressionné par l'amour d'Abou Dharr pour Allah et Son Messager, ainsi que par sa grande dévotion envers eux, aussi lui avait-il donné le surnom de « Messie de l'islam ». Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) éprouvait beaucoup d'affection pour Abou Dharr. À chaque réunion du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) où il était présent, lorsque le Prophète avait quelque chose à dire il s'adressait d'abord à Abou Dharr. Si le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ne voyait pas Abou Dharr à une de ses réunions, il envoyait quelqu'un le chercher et lorsque ce dernier arrivait, le Prophète lui serrait la main.


Même sur son lit de mort, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) ne pouvait oublier Abou Dharr. Alors qu'il était sérieusement malade, il fit appeler Abou Dharr et lorsque ce dernier arriva, il l'étreignit avec beaucoup d'affection.


Peu nombreux étaient les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) qui lui posaient des questions de façon très directe. Abou Dharr faisait partie des quelques compagnons qui pouvaient se permettre de le faire. Un jour, il vint voir le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) et lui demanda : « Ô Messager d'Allah, si une personne en aime certaines autres profondément, mais sans avoir la force de suivre au pied de la lettre tout ce qu'elles commandent, quelle est ton opinion au sujet d'une telle personne ? » « Cette personne est avec les gens qu'elle aime », répondit le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Abou Dharr poursuivit : « Ô Messager d'Allah, je n'aime qu'Allah et toi ; alors qu'en est-il de moi ? » Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) répondit : « Tu es certainement avec Allah et Son prophète ».


Abou Dharr posait des questions librement, à propos de tout et de rien, et le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui répondait avec affection. D'ailleurs, passant la majeure partie de son temps à Médine au service du Prophète, il avait atteint la position de ces compagnons qui étaient très proches de lui. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui accordait toute sa confiance, lui confiait certaines choses secrètes, et Abou Dharr gardait ces secrets comme il se devait de le faire.


Un jour qu'Abou Dharr était étendu par terre dans une mosquée près de Médine, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) vint à lui et lui demanda : « Si tu étais expulsé de cette mosquée, que ferais-tu, Abou Dharr ? » « J'irais à la mosquée du Prophète, ou alors j'irais m'asseoir chez moi », répondit Abou Dharr. « Mais si tu étais forcé de quitter ces endroits aussi ? », demanda le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). « Alors je tirerais mon épée de son fourreau », dit Abou Dharr. « Qu'Allah te pardonne », lui dit le Prophète en lui tapotant l'épaule trois fois, « n'essaie pas de tirer ton épée, mais essaie plutôt d'être patient. Va-t-en là où l'on te dit d'aller. » Comme nous le verrons plus loin, plus tard dans sa vie Abou Dharr suivit parfaitement ce conseil du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui).


Une fois, Abou Dharr demanda au Prophète un poste d'autorité au gouvernement. Mais le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) lui dit : « Tu serais incapable de supporter une tâche aussi lourde... Ce que j'aime et préfère pour moi-même, je l'aime et le préfère également pour toi. » Suite à ces paroles du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), Abou Dharr ne demanda jamais plus à occuper un poste au sein du gouvernement.


Après la mort du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), Abou Dharr était si chagriné qu'il quitta Médine et alla s'installer en Syrie. Sa vie était un symbole de dévotion, de crainte d'Allah, de modération et de contentement. Il n'avait pour tout vêtement qu'un morceau de tissu. Tout ce qu'Allah lui octroyait comme bien, il le dépensait dans le sentier d'Allah. Il était ascète de nature. D'ailleurs, impressionné par sa nature ascétique, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) avait dit de lui : « Abou Dharr a le tempérament de Jésus, fils de Marie. »


Ce tempérament fut le même, chez Abou Dharr, durant toute sa vie. Plusieurs changements survinrent dans la vie des musulmans suite aux conquêtes qu'ils firent, mais Abou Dharr, lui, ne changea jamais. Après les califats d'Abou Bakr et d'Omar, Abou Dharr remarqua qu'une certaine inclination aux richesses grandissait parmi les gens. Le luxe et le déploiement des richesses prenaient lentement la place de la simplicité. Les butins de guerre avaient donné aux gens le goût d'accumuler des biens en abondance. Voyant comment étaient devenues les choses, Abou Dharr fut chagriné au plus haut point. Il appela les musulmans à ne pas accumuler les richesses et les mis en garde contre le fait d'adopter un mode de vie plein de faste, car ces choses mènent à la destruction. À ce propos, il rappelait aux gens le verset coranique suivant : « À ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier d'Allah, annonce un châtiment douloureux.» (9 :34)


Ce genre de discours plaisait aux gens pauvres, mais nullement aux riches. Mouawiyah (le gouverneur de la contrée) et certaines autres personnes n'étaient point d'accord avec Abou Dharr à ce sujet. En effet, ils prétendaient que ce verset ne s'adressait qu'aux juifs et aux chrétiens. Mais Abou Dharr maintenait qu'il s'adressait à tous. D'ailleurs, Abou Dharr ne se retenait guère de critiquer amèrement Mouawiyah, qui était alors gouverneur. Un jour, alors qu'il passait par le chemin où était en construction le grand palais Mahal-al-Khizra de Mouawiyah, Abou Dharr s'arrêta et observa la splendeur du palais. Il remarqua : « Si ce palais est construit avec les fonds publics, alors il s'agit d'un abus de confiance. Et s'il est construit avec son propre argent, alors c'est de la prodigalité. » Mouawiyah entendit ses paroles mais ne dit rien, bien qu'il fût profondément offensé. Quelques jours plus tard, alors qu'on préparait une armée afin de l'envoyer à l'île de Chypre, il envoya chercher Abou Dharr et lui fit demander s'il était prêt à partir avec l'armée. Abou Dharr, qui avait dédié toute sa vie au service d'Allah, accepta sur-le-champ et dit : « Se battre un seul jour dans le sentier d'Allah est de loin meilleur que les milliers de jours passés à la maison. Je suis donc prêt à participer à cette guerre. »


L'île de Chypre conquise et la guerre terminée, Abou Dharr revint en Syrie et recommença à prêcher ses idées comme auparavant. Il critiquait le gouvernement avec tant d'amertume que cela devenait parfois intolérable pour Mouawiyah. Un jour, ce dernier envoya une somme d'argent considérable à Abou Dharr qui, immédiatement après l'avoir reçue, la distribua parmi les pauvres. Ce qu'il ignorait, c'est que Mouawiyah n'avait envoyé cet argent que pour le tester. Alors le lendemain, il envoya un homme chez Abou Dharr pour lui demander de lui remettre l'argent en alléguant qu'il lui avait été envoyé par erreur. L'intention inavouée de Mouawiyah était que si Abou Dharr retournait l'argent, alors il lui demanderait comment il avait pu garder autant d'argent durant toute une nuit alors qu'il ne gardait jamais d'argent chez lui (par ascétisme). Mais lorsque le messager arriva chez Abou Dharr et lui demanda de lui remettre l'argent, Abou Dharr lui dit qu'il avait été entièrement distribué aux pauvres avant le lever du jour. Lorsque cette réponse d'Abou Dharr fut rapportée à Mouawiyah, il dit : « Abou Dharr est vraiment une personne véridique ; il met en pratique ce qu'il prêche. »


Un jour, Mouawiyah invita Abou Dharr à manger chez lui. Lorsqu'Abou Dharr arriva et vit le festin sur la table à manger, il refusa d'accepter l'invitation et dit : « Depuis l'époque du Messager d'Allah (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), je ne mange jamais plus d'un « saa » (environ six poignées) d'orge par semaine. Par Allah, je n'augmenterai jamais ma quantité de nourriture jusqu'à ce que je rencontre mon ami, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui).


Abou Dharr persistant à critiquer et à émettre ses points de vue personnels sans jamais craindre les reproches de personne, ses critiques créèrent de plus en plus de tensions entre lui et Mouawiyah. Cela se passait durant le règne de Othman (radhia Allahou anhou), le troisième calife. Ce dernier, entendant parler de ces tensions, envoya chercher Abou Dharr. Devant lui, Abou Dharr se mit à critiquer l'administration à sa façon bien personnelle, ce que le calife lui interdit de faire. Cela créa une situation inconfortable entre les deux grands personnages et Abou Dharr déclara : « Par Allah, même si on me posait une épée sur la gorge et qu'on m'ordonnait de taire ce que j'ai entendu du Messager d'Allah, je ne cesserais de dire la vérité. » Othman lui conseilla alors de quitter Médine et d'aller à Roubdha, un village des environs. Abou Dharr, qui aimait la solitude, suivit le conseil d'Othman et alla s'y installer pour vivre paisiblement.


Lorsque les gens en Iraq apprirent qu'Abou Dharr avait été confiné à un endroit isolé du désert, ils lui envoyèrent un message lui disant combien ils étaient mécontents d'apprendre cette nouvelle, car ils jugeaient qu'il avait été traité injustement par Othman, et ils offraient à Abou Dharr, avec sa permission, de se soulever contre le calife. Mais Abou Dharr leur répondit : « Je crois que la décision d'Othman m'est bénéfique. Vous ne devriez pas intervenir dans cette affaire ni ne devriez comploter contre le chef des croyants, car Allah n'accepte pas le repentir de ceux qui se rebellent contre leur chef. » Cette réponse d'Abou Dharr calma les Iraqiens et il passa ses jours paisiblement dans le désert.


Abou Asma (radhia Allahou anhou) rapporte qu'une fois, il décida d'aller rendre visite à Abou Dharr à Roubdha. Il remarqua qu'Abou Dharr vivait avec sa femme dans de piteuses conditions. Abou Dharr dit à Abou Asma: « Tu vois, cette femme essaie de me pousser à aller en Iraq afin que les gens, là-bas, viennent me parler de leurs affaires d'ici-bas. Mais elle ignore que, comme le disait mon ami le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui), à côté du Pont Serat il y a un chemin très dangereux à franchir, et que ceux qui auront le moins de fardeaux seront ceux qui le traverseront le plus facilement. »


Une fois, Abou Moussa Ashari, le gouverneur de l'Iraq, vint voir Abou Dharr. Ashari avait toujours eu pour habitude de l'appeler « frère ». Mais cette fois-là, Abou Dharr lui dit de ne pas l'appeler « frère ». Lorsqu'Abou Moussa lui en demanda la raison, il répondit : « Je ne sais pas ce que tu as fait en tant que gouverneur. Dis-moi d'abord si tu as fait construire un édifice pour ton usage personnel et si tu as accumulé des champs de céréales, du bétail, etc. juste pour toi. » Abou Moussa répondit par la négative. « Alors tu peux m'appeler ton frère », lui dit Abou Dharr.


Abou Dharr Ghifari (radhia Allahou anhou) tomba malade durant le Hajj de la 31e (selon certains la 32e) année de l'Hégire. Tous les habitants de Roubdha étant partis faire le Hajj, il n'y avait, dans tout le village, personne pour prendre soin d'Abou Dharr en dehors de sa femme et de sa fille. Le voyant près de la mort, sa femme commença à pleurer. « Pourquoi pleures-tu ? » lui demanda Abou Dharr d'une voix à peine audible. « C'est dans un endroit aussi reculé que tu rendras ton dernier souffle », lui dit sa femme, « qu'est-ce que je ferai quand tu seras mort, je n'ai pas même un morceau de tissu pour en faire ton linceul, et je n'ai pas une force telle à pouvoir creuser une tombe pour toi. »


« Oh, tu n'as pas à t'en faire pour ces choses », lui dit Abou Dharr. « Écoute : un jour, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) nous a dit, à moi et à un groupe de compagnons, que l'un d'entre nous allait mourir dans un endroit isolé du désert et qu'un groupe de musulmans arriverait à ce moment-là et s'occuperait de lui. Maintenant, vois-tu, ils ont tous quitté ce monde sauf moi. Je suis le seul qui reste et voici que je meurs dans cet endroit isolé. Alors la prédiction du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui) va se réaliser et un groupe de musulmans, qui s'occupera de tout, doit arriver d'un moment à l'autre. Sors, va voir ; ils doivent être sur le point d'arriver. » Sa femme sortit et, se tenant sur un rocher, attendit le groupe.


Entre-temps, Abou Dharr demanda à sa fille de préparer un peu de nourriture pour les gens qui étaient attendus. Et après un certain temps apparut, au loin, un groupe de gens venant vers le village. Lorsqu'ils furent plus près, la femme d'Abou Dharr les appela et leur dit : « Ô mes frères en islam, il y a ici un musulman qui est sur le point de quitter ce monde, alors s'il-vous-plaît, venez m'aider à procéder aux derniers rituels. » « De qui s'agit-il ? » demanda l'un d'entre eux, « Quel est son nom ? ». « Abou Dharr Ghifari » répondit sa femme. En entendant ce nom, ils pressèrent le pas en s'écriant: « Où est-il ? Allons-y ! »


Lorsqu'ils arrivèrent à la tente d'Abou Dharr, ce dernier était sur le point de rendre son dernier souffle. Mais il leur dit, d'une voix suffoquée : « Je vous souhaite la bienvenue. Sachez que le Messager d'Allah avait prédit votre arrivée il y a de cela bien longtemps. Je souhaite cependant mettre une chose au clair : c'est que la personne qui me fournira un linceul ne dois jamais avoir été au service du gouvernement. » Un jeune Ansari s'avança et dit : « Ô ami du Messager d'Allah, je n'ai jamais été au service du gouvernement et j'ai ici une pièce de tissu ; me permets-tu de te l'offrir pour t'en faire un linceul ? » Abou Dharr fit oui de la tête et expira en disant ces paroles : « Au nom d'Allah, avec Allah et dans la religion d'Allah. »


Dans le groupe qui entourait Abou Dharr se trouvait Abdoullah bin Masoud (radhia Allahou anhou), qui mena la salat-el-janaza (prière funéraire), après quoi ils allèrent tous l'enterrer. Abdoullah bin Masoud amena la famille d'Abou Dharr à Médine et les laissa aux soins d'Othman. Selon d'autres historiens, Othman, en apprenant sa mort, se rendit lui-même à Roubdha et ramena la famille d'Abou Dharr à Médine avec lui.


Dans l'histoire de l'islam, Abou Dharr est considéré comme l'un des plus respectables compagnons du Prophète (paix et bénédictions d'Allah soient sur lui). Bien qu'il fût très critique envers ceux qui souhaitaient le pouvoir, il se fâchait rarement contre les gens ou à propos de choses futiles. Chaque aspect de sa vie est une lumière à suivre pour les musulmans. Qu'Allah soit satisfait de lui.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 03 mars 2007 07:37